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Tarière de souffleuse : un grand projet pour sécuriser les travaux de déneigement

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Lors des opérations de soufflage de la neige, la tarière de souffleuse à neige constitue un danger constant dès qu’elle est en marche. Afin d’éliminer l’erreur humaine, dans le désengagement du mécanisme de la tarière lors de déplacement en transit ou lors d’un arrêt, une solution permettant d’automatiser la neutralisation de la tarière d’une souffleuse à neige semble tout indiquée afin d’assurer la sécurité des travailleurs et du public. 

Bien que, sur le marché, il existe des systèmes automatisés d’arrêt du moteur lorsque l’opérateur quitte son siège [pour les tracteurs à gazon ou les rouleaux compacteurs, par exemple] ce genre de système ne convient pas pour le désengagement du mécanisme de la tarière de souffleuse à neige. 

C’est pour cette raison qu’un comité regroupant la Ville de Longueuil, la Ville de Montréal, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) section locale 307 de la Ville de Longueuil, le SCFP section locale 301 de la Ville de Montréal, l’École Polytechnique de Montréal et l’APSAM a été mis sur pied en 2015 afin de chercher une solution permettant d’obtenir un système qui neutraliserait automatiquement l’embrayage de la tarière lors des déplacements en transit ou lorsque la tête de la souffleuse à neige serait soulevée à une hauteur prédéterminée. 

De gauche à droite : M. Stéphane Boissy, M. Claude Vaudreuil, Prof. Sofiane Achiche et Prof. Aurelian Vadean

L’APSAM a justement rencontré des membres de ce comité afin de discuter du résultat : le système d’arrêt d’urgence automatisé pour souffleuse à neige. 

Historique du projet 

C’est en 2015 que M. Claude Vaudreuil, représentant syndical santé-sécurité SCFP section locale 307 de la Ville de Longueuil, a approché l’École Polytechnique de Montréal afin de trouver une solution pour l’arrêt de la tarière lorsque certains critères étaient réunis. M. Achiche et M. Vadean, professeurs au département de génie mécanique, ont tout de suite accepté et ont même profité de l’occasion pour réfléchir de manière plus globale à la problématique afin de proposer une solution pour améliorer la sécurité des opérations de déneigement en général.

De fil en aiguille, c’est ainsi que le comité paritaire mentionné ci-haut a été mis sur pied afin de concrétiser cette idée. 

Un bel exemple de collaboration aux répercussions éducatives

Pour la réussite d’un tel projet, chacun a mis la main à la pâte. Allant de la contribution monétaire, au prêt de machinerie et de main-d’œuvre, à la participation via une expérience pratique ou une expertise en santé et sécurité du travail, chaque partie a joué un rôle important. Soulignons également la participation du SCFP, au montant de 10 000 $, pour le financement du projet.

Lors de notre entretien, il était clair que toutes les parties impliquées ont appris beaucoup de cette expérience et l’ont fortement appréciée. Tous s’entendent pour dire que c’est un bel exemple de collaboration où chacun apportait les connaissances et les expertises nécessaires au projet, autant théoriques que pratiques.

En plus de donner l’opportunité aux municipalités de découvrir des technologies susceptibles d’améliorer la sécurité entourant les travaux de soufflage de la neige, ce projet a également permis à des étudiants finissants en ingénierie ainsi qu’à des étudiants de cycle supérieur de découvrir le monde de la santé et de la sécurité. De cette façon, ce projet a joué un rôle majeur dans l’éducation d’ingénieurs qui contribueront concrètement dans les années à venir à l’économie du Québec. 

Une solution aux nombreuses qualités

Le prototype final créé par ces étudiants, sous la supervision des professeurs Achiche et Vadean, est une innovation puisque la programmation complexe réalisée par l’équipe de travail permet la communication entre les différentes composantes électroniques du système, contrôlant ainsi automatiquement l’arrêt de la tarière de souffleuse. 

Il est important de mentionner que ce système d’arrêt d’urgence automatisé répond à différents besoins : 

  • il assiste l’opérateur dans la sécurisation des opérations de soufflage de la neige;
  • il déclenche un arrêt d’urgence de la tarière;
  • il s’adapte à tous les types de souffleuses à neige;
  • il permet d’ajuster les paramètres et les limites suivants : hauteur, distance sécuritaire pour piétons et surveillant, vitesse, temps d’inactivité;
  • il s’adapte à d’autres types d’équipements en usage dans les services de travaux publics.


Plus spécifiquement, lors de travaux de déneigement, le système permet, entre autres : 

  • d’avertir un piéton à l’aide d’une projection lumineuse qu’il s’approche d’une zone dangereuse de déneigement lorsqu’il est détecté à l’avant de la souffleuse;
  • d’arrêter d’urgence la tarière de la souffleuse en cas de déplacement hors travaux ou lors de l’immobilisation pendant une période donnée;
  • d’arrêter d’urgence la tarière de la souffleuse si le surveillant au déneigement ou un piéton sont détectés dans la zone critique;
  • etc. 

Ainsi, le risque d’accident avec des piétons, des travailleurs ou des animaux est presque nul. En plus de tous ces avantages, une étude économique du système a été réalisée par les étudiants afin de valider qu’il puisse être commercialisé à des coûts raisonnables. 

Du projet à la réalité 

C’est unanime, tous les membres du comité voient ce système comme une solution potentiellement efficace et réaliste afin de rendre les travaux de soufflage de la neige plus sécuritaires. Dans cette optique, l’APSAM invite les municipalités du Québec intéressées à évaluer avec leurs fournisseurs les possibilités qu’un tel système puisse être développé et commercialisé. 

Pour en savoir plus sur le prototype de système d’arrêt d’urgence automatisé pour souffleuse à neige réalisé dans le cadre de ce projet ou pour toute question, nous vous invitons à entrer en contact avec M. Serge Toutant, conseiller en prévention, par courriel au stoutant@apsam.com ou au 514 849-8373 p. 306