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COVID-19 : Équipements de protection individuels (ÉPI)

Mise à jour : 20 juillet 2020

L’APSAM vous rappelle que les équipements de protection individuels (ÉPI) représentent le dernier maillon d’une approche graduée qui est en fait la mesure la moins efficace dans la gestion d’un risque, et ce, peu importe la situation de travail. Ce constat est d’autant plus vrai actuellement face à la lutte contre la maladie à coronavirus.

Pour en apprendre davantage sur l’approche graduée de la gestion des risques en santé et sécurité du travail, référez-vous à la page Mesures de prévention générales recommandées.

Les ÉPI ne doivent jamais se substituer aux mesures suivantes :

  • Le maintien en télétravail de tous les travailleurs pour lesquels cela est possible.
  • L’élimination des rencontres en présentiel (formation, coordination ou autres) qui sont non essentielles.
  • L’élimination des attroupements (files à l’entrée/sortie, pauses, repas, etc.).
  • Le respect d’une distance minimale de deux mètres entre les postes de travail.
    En cas d’impossibilité de maintenir une distance minimale de deux mètres, l’installation d’une barrière physique adéquate entre les postes de travail et dans les véhicules est à prioriser.
  • La minimisation du nombre de personnes devant être présentes au sein d’une même pièce dans un lieu de travail intérieur.
  • Le maintien d’une stabilité maximale des équipes de travailleurs en place.

La protection respiratoire
Les équipements de protection individuels
Quoi faire en cas de pénurie d’équipements de protection individuels

La protection respiratoire

Le port du couvre-visage, pour les personnes de 12 ans et plus, est obligatoire dans les lieux publics fermés et partiellement couverts depuis le 18 juillet 2020. Cette obligation vise plusieurs lieux dont ceux où sont offerts des services municipaux. Le décret 810-2020 du 15 juillet 2020 présente les modalités de cette ordonnance.

D’ailleurs, le gouvernement du Québec précise que l’obligation ne vise pas les personnes qui travaillent ou exercent leur profession dans ces lieux publics fermés ou partiellement couverts, sauf pour les halls d’entrée, les aires d’accueil ou les ascenseurs de l’immeuble. Les travailleurs demeurent donc soumis aux règles spécifiques édictées en matière de santé et sécurité du travail quant au port du couvre-visage.
Source : Port du masque ou du couvre-visage dans les lieux publics en contexte de la pandémie de COVID-19 (Gouvernement du Québec)

Ainsi, la hiérarchie des moyens de prévention demeure la démarche à suivre. Consultez notre page Mesures de prévention générales recommandées pour connaître quelles sont les mesures préventives à appliquer pour réduire le risque de transmission de la COVID-19 en milieu de travail.

Masque N95

Cet appareil de protection respiratoire protège contre les poussières, fumées, brouillards et de faibles quantités de bioaérosols. Il doit être porté avec une protection oculaire.

Norme de fabrication

Conformité

  • Ce sont des appareils de protection respiratoire homologués par le NIOSH et réglementés au Québec.
  • Un test d’ajustement (fit test) est obligatoire en vertu de l’article 45 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Le programme de protection respiratoire doit être élaboré et mis en application selon la norme CSA Z94.4-93 : Choix, entretien et utilisation des respirateurs. Référez-vous au programme de protection respiratoire de la municipalité.
  • Un test d'étanchéité doit être effectué chaque fois qu'un masque est porté. Un ajustement occlusif et un frais rasage (24 heures) sont essentiels pour une meilleure protection.
    Pour être efficace, une protection respiratoire doit former un joint étanche avec le visage afin d’empêcher l’air de pénétrer par le pourtour. Lors de la sélection du masque, l’essai d’ajustement permet à l’utilisateur de valider que le modèle choisi est ajusté correctement au visage.
  • Idéalement : Jeter le masque après chaque usage.

Particularités

  • Ces masques sont composés d'un filtre mince qui couvre le nez, la bouche et le menton, et tenus en place par des brides de fixation, et généralement, une bande métallique nasale.
  • Une bride passe au-dessus des oreilles jusqu'au sommet de la tête, et l'autre sous les oreilles pour rejoindre la nuque (sans être croisés).
  • Ces masques peuvent aussi inclure une valve d'expiration et une bande élastomérique à leur pourtour pour assurer un meilleur ajustement sur le visage.
  • Les filtres sont divisés en trois catégories qui représentent la résistance à la dégradation, soit N, R et P, avec différents degrés d'efficacité de filtration (95 %, 99 %, 99,97 %) :
    • N : Ne résiste pas à l'huile
    • R : Résiste à l'huile
    • P : À l'épreuve de l'huile
  • Dans le cas où il y a des bioaérosols d’eaux usées, le masque N95 peut ne pas être suffisant. À ce sujet, consultez la page Spécifications lors de contact avec des eaux usées.

Pour de plus amples informations sur ce type d’appareil de protection respiratoire

Masque KN95

Cet appareil de protection respiratoire est importé de la Chine à des fins d’équivalence à l’appareil de protection respiratoire N95. Il doit être porté avec une protection oculaire.

Norme de fabrication

  • GB2626-2006: Respiratory protective equipment – non-powered air-purifying particle respirator.

Conformité

  • Ces appareils doivent rencontrer les mêmes exigences et critères de protection qu’un masque N95.
  • Celui-ci doit réussir le test d’étanchéité obligatoirement en lien avec le programme de protection respiratoire de la municipalité.

Particularités

Pour de plus amples informations sur ce type d’appareil de protection respiratoire

Masque de procédure ou chirurgical

Ce masque est principalement conçu pour la protection contre les éclaboussures et les agents infectieux transmissibles par gouttelettes.

Un masque de procédure médical de qualité et une protection oculaire, le cas échéant, doivent être portés par le personnel qui exécute une tâche nécessitant d’être à moins de deux mètres d’une autre personne, en l’absence de barrières physiques, lorsque ces tâches ou situations cumulent 15 minutes sur le quart de travail.

Noter que le port du masque de procédure médical de qualité peut se faire avec ou sans une protection oculaire. La fiche COVID-19 : Hiérarchie des mesures de contrôle en milieu de travail de l’INSPQ dresse les critères à utiliser pour déterminer si la protection oculaire doit être portée ou non avec ce type de masque. Voici un résumé :

  • En tout temps, si pour des raisons de sécurité, la protection oculaire est déjà requise, en raison de la tâche effectuée, elle doit être portée.
  • La protection oculaire est requise si :
    • La distance physique minimale de 2 mètres est impossible à respecter avec des collègues qui ne portent pas un masque médical de qualité (conforme à la norme ASTM);
    • La distance physique minimale de 2 mètres est impossible à respecter avec la clientèle;
    • En raison de la clientèle ou de la nature des interventions, il y a un risque d’être contaminé au visage par des liquides biologiques (ex. : par une clientèle agressive, lors d’interventions avec risque de se faire cracher au visage).
  • Si tous les autres collègues de travail portent adéquatement un masque de procédure médical de qualité (conforme à la norme ASTM) et qu’il n’y a pas de contact avec de la clientèle agressive ou à moins de 2 mètres, la protection oculaire n’est pas requise.

Il évite, lors de l’expiration par la personne qui le porte, la projection de gouttelettes de salive ou de sécrétions des voies respiratoires supérieures.

Normes de fabrication

  • ASTM F2100-04 - Standard specification for performance of materials used in medical face masks (ASTM).
  • EN 14683 : Masques à usage médical – Exigences et méthodes d’essai (European Committee for Standardization)

Conformité

  • Ce ne sont pas des appareils de protection respiratoire homologués par le NIOSH. Ce sont des dispositifs médicaux.
  • Ils doivent être conçus de manière à pouvoir retenir des particules à partir d’un micron de diamètre.

Particularités

  • Ils n’offrent pas une bonne protection contre les agents infectieux transmissibles sous forme d’aérosol.
  • Ils doivent être changés au moins aux 4 heures, lorsqu’ils deviennent mouillés ou après l’utilisation.
  • Ils sont généralement constitués de fibres naturelles ou synthétiques.
  • Il ne faut jamais réutiliser un tel masque (sauf en cas de pénurie).
  • Pour l’instant, il n’y a pas de procédure de désinfection efficace pour ceux-ci.

Pour de plus amples informations sur ce type de masque

Masque barrière de type communautaire (couvre-visage)

Un masque barrière de type communautaire est un masque fait « maison », confectionné à partir de matière textile, tissée ou non, de façon à couvrir le nez et la bouche. Des lanières ou des courroies élastiques permettent de l'ajuster sur la tête.

Extrait vidéo : Masques barrières : dernières recommandations et tests d'efficacité
Présentation réalisée par M. Loïc Wingert, Professionnel scientifique à l’IRSST, lors du 8e webinaire organisé par Réseau Environnement en collaboration avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM)

Pour télécharger la vidéo, cliquer sur le lien avec le bouton droit de la souris et enregistrer sur votre poste.

Norme de fabrication

  • AFNOR SPEC S76-0091 : Masque barrières – Guides d’exigences minimales, de méthodes d’essais, de confection et d’usage (AFNOR).

Conformité

  • Ce ne sont ni des appareils de protection respiratoire homologués par le NIOSH ni des dispositifs médicaux.

Particularités

  • Son ajustement au visage dépend essentiellement du textile utilisé, de sa forme et de sa dimension.
  • Il vise avant tout à protéger la zone du nez et de la bouche contre tout contact avec les mains. Les masques non médicaux et autres couvre-visages qui couvrent la bouche et le nez empêchent les gouttelettes respiratoires de l’utilisateur d’atteindre d’autres personnes ou de contaminer des surfaces communes.
  • Les règles de distanciation physique doivent être respectées malgré le port du masque barrière. Ce dernier est recommandé, lorsqu’une personne peut en rencontrer une autre, occasionnellement lors de ses déplacements.
  • Selon, l’Agence de santé publique du Canada, il n’a pas été établi que le port d’un masque non médical ou d’un couvre-visage protège la personne qui le porte.
  • Une étude a rapporté que le port d’un couvre-visage sur une courte période (15 minutes) fournissait un facteur de protection respectivement de 25 fois inférieur et 50 fois inférieur lorsque comparé à un masque de procédure ou chirurgical et à un appareil de protection respiratoire de type FFP2 (N95) dans le cadre d’activités relativement peu exigeantes (ex. : la marche). Une tendance similaire était observée pour une durée d’utilisation de trois heures.
  • Il faut changer le masque barrière en tissu dès qu’il est humide ou souillé et celui-ci doit être lavé quotidiennement.

Pour de plus amples informations sur ce type de masque


L’IRSST a produit un avis Y a-t-il un risque à porter un masque en contexte de chaleur en milieu de travail? Il s’adresse aux travailleurs qui, en contexte de chaleur en milieu de travail intérieur ou extérieur, doivent porter un masque de procédure (incluant le masque chirurgical) ou un masque barrière de type communautaire (couvre-visage). Des recommandations visant à augmenter le confort pour les travailleurs en contexte de chaleur sont aussi présentés.

Les équipements de protection individuels

La protection oculaire et faciale

La réglementation québécoise prévoit que les protecteurs oculaires ou faciaux doivent être conformes à la norme CSA Z94.3-07 : Protecteurs oculaires et faciaux.

  • Lunettes de protection :
    • COVID-19 : Choix d’une protection oculaire (INSPQ)
      Cette fiche présente les éléments à considérer pour le choix d’une protection oculaire sécuritaire pour le travailleur de la santé dans le contexte de la COVID-19.
    • Le port d’un dispositif de protection des yeux, comme des lunettes de protection, visant à les protéger contre la projection de gouttelettes est obligatoire en présence d’une personne qui semble malade.
    • Il en est de même en présence de gouttelettes d’eaux usées, à moins que les yeux soient déjà protégés par le port d’une protection respiratoire (masque facial complet).
  • Visière :
    • Une visière qui recouvre entièrement le visage jusqu’au menton pourrait être envisagée en remplacement des lunettes.

Pour de plus amples informations sur la protection oculaire et faciale :

Le survêtement

Le retrait des équipements de protection individuels

L’APSAM vous invite à visionner les trois vidéos qui se trouvent sur la page COVID-19 : procédure d’habillage et de déshabillage en milieu de soin (INSPQ). Celles-ci présentent les procédures d’habillage et de déshabillage afin de contrer le risque de contamination aérienne et par gouttelettes (cas sévères et non sévères), avec protection oculaire.

Voici la procédure recommandée pour le retrait des ÉPI :

  1. Retirer les gants de nitrile comme illustré dans la vidéo Retrait des gants de nitrile et jeter-les dans un sac de plastique. Laver ses mains avec de l’eau et du savon ou avec une solution hydroalcoolique de 60 à 70 %.
  2. Retirer le survêtement, si applicable, et jeter-le dans un sac de plastique. Laver ses mains à nouveau.
  3. Retirer la protection oculaire ou la visière, désinfecter-la et laver ses mains à nouveau : COVID-19 : Désinfection des protections oculaires à usage unique (INSPQ).
  4. Retirer le masque en le prenant par les élastiques, sans toucher au papier. Disposer du masque sur place (si une poubelle sans contact avec les mains est disponible) ou dans des contenants ou sacs refermables réservés à cet effet, et terminer en se lavant les mains à nouveau.
    Pour les hommes dont la barbe dépasse le masque de procédure (ou chirurgical) ou le masque barrière de type communautaire (couvre-visage), se laver la barbe et les mains.

Quoi faire en cas de pénurie d’équipements de protection individuels

Pour en apprendre davantage sur les mesures exceptionnelles à considérer pour les ÉPI lors de pandémie, consultez la fiche COVID-19 : Mesures exceptionnelles pour les équipements de protection individuelle lors de pandémie (INSPQ).

Il est important de noter que ces stratégies ne doivent pas être utilisées en dehors de la situation pandémique ou lorsque la disponibilité des ÉPI sera revenue à la normale.

La protection respiratoire appropriée (couvrant le nez et la bouche)

L’INSPQ a émis un Avis sur le port de la visière et du couvre-visage par les travailleurs qui présente quatre recommandations au terme de délibérations entre experts. Ces recommandations sont les suivantes et sont formulées en tenant compte d’une hiérarchisation des mesures de prévention* :

  • Recommandation 1 : Priorité aux mesures de distanciation physique.
  • Recommandation 2 : Port du couvre-visage possible lorsque les mesures de distanciation physique sont respectées.
  • Recommandation 3 : Port du couvre-visage recommandé pour les travailleurs essentiels en cas d’indisponibilité de masque de procédure, lorsqu’il y a impossibilité de respecter les mesures de distanciation physique.
  • Recommandation 4 : En dernier recours, malgré la recherche de solutions techniques pour y remédier (ex. : durée des tâches à risque, ventilation); port d’une visière seule en cas de risques à la sécurité.

*Il est très important de consulter le document pour connaître les paramètres de ces recommandations.

Pénurie d’appareil de protection respiratoire N95

Dans l’éventualité d’une pénurie d’appareils de protection respiratoire N95, il existe d'autres types d’appareils qui respectent les normes minimales du N95.

Cependant, le port de certains de ces appareils offrant une protection équivalente, comme le demi-masque avec préfiltres N95, peut nécessiter une nouvelle formation et de nouveaux essais d’ajustement pour s’assurer de l’étanchéité. Cette étanchéité est nécessaire pour limiter les infiltrations pouvant exposer le travailleur au coronavirus. Référez-vous au fabricant afin de valider la conformité de ces masques.

Références utiles :

Réutilisation et désinfection des N95 et des P100

L’INSPQ a émis cet avis : «  Dans le contexte de la pandémie de la COVID-19 et d’une pénurie réelle ou appréhendée de respirateurs N95, il est possible de réutiliser un respirateur N95 s’il est attitré à l’usage exclusif d’un travailleur de la santé. »

Il est impératif de consulter la document Réutilisation des respirateurs N95 dans un contexte d’une pénurie réelle ou appréhendée lors de la pandémie de la COVID-19 de l'INSPQ pour connaître les mesures à respecter dans ce contexte.

L’APSAM vous invite aussi visionner la vidéo Réutilisation d’un APR N95 jetable du CUSM-FCP.

À noter que la réutilisation de masques N95 déjà utilisés lors d’interventions et qui ont généré des aérosols est à proscrire. Par conséquent, les N95 utilisés, entre autres dans le secteur des eaux usées, ne doivent pas être réutilisés en raison de la présence de bioaérosols.

Pour les travailleurs qui possèdent déjà un demi-masque pour lequel il y a déjà eu des essais d’étanchéité, l’APSAM vous invite à préconiser leur utilisation avec des préfiltres N95, afin de libérer les masques N95 disponibles pour d’autres travailleurs.

Au sujet de la désinfection des masques, consultez les publications suivantes de l’INSPQ :

Le Centre d’expertise en retraitement des dispositifs médicaux (CERDM) de l’INSPQ a évalué les options disponibles de désinfection des protections respiratoires N95 à usage unique dans le contexte d’une pénurie de protection respiratoire au sein des établissements de soins de santé à la suite de la pandémie de la COVID-19. Consultez la fiche COVID-19 : Évaluation des options de désinfection des appareils de protection respiratoire N95 dans le contexte de la pandémie (INSPQ).

Parmi les options identifiées par le CERDM et l’IRSST se trouve la désinfection par vapeur de peroxyde d’hydrogène (PH). Consultez l’avis de l’IRSST Recommandation sur le temps d’aération des appareils de protection respiratoire de type N95 après désinfection à la vapeur de peroxyde d’hydrogène dans un stérilisateur à basse température pour en apprendre davantage. Cette démarche s’inscrit dans la volonté d’identifier des stratégies alternatives et supplémentaires aux mesures déjà disponibles afin d’apporter la meilleure protection possible aux travailleurs en cas de pénurie.

Enfin, référez-vous à la page COVID-19 : Reprise des activités : exemples pour le secteur municipal où se trouvent différents exemples de mesures de prévention à implanter et d’outils à utiliser afin de minimiser le risque de transmission de la COVID-19.

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