Élimination et contrôle

Révisé le 20 juin 2016

Après avoir identifié les risques présents, il faut les éliminer ou, du moins, les contrôler. Il s’agit de mettre en place des solutions qui empêcheront la survenue des accidents ou des maladies du travail. C’est en fait le but ultime de la démarche préventive. Ce thème aborde les principaux modes d’intervention pour éliminer ou contrôler les risques. Il présente les grandes catégories d’intervention, ainsi que les avantages et les inconvénients liés à chacune d’entre elles, et propose des critères pour le choix de solutions appropriées.

Il existe 3 modes d’intervention :

Les interventions à la source

Les interventions à la source agissent sur les causes fondamentales des problèmes. Elles visent la disparition des conditions dangereuses et la mise en place de mesures permanentes qui éliminent définitivement le risque. Ce mode d’intervention cadre parfaitement avec l’objectif ultime de la Loi sur la santé et la sécurité du travail : l’élimination à la source même des dangers pour la santé et la sécurité des travailleurs.

Les interventions à la source peuvent prendre différentes formes. Il peut s’agir de la modification d’un procédé, du réaménagement d’un poste ou d’un lieu de travail, du remplacement d’un équipement, d’un outil, d’une machine ou encore de la substitution d’un matériau ou d’une matière première, de l’implantation d’un programme d’entretien préventif, etc.

Ces interventions sont les plus efficaces puisqu’en plus d’éliminer le problème, très souvent elles ont des impacts positifs sur les opérations et la qualité du service. Cependant, elles ne sont pas toujours possibles. De plus, les interventions à la source peuvent être quelquefois plus coûteuses à court terme et avoir des délais d’implantation parfois longs.

Les interventions entre la source du danger et les personnes exposées

Les interventions entre la source du danger et les personnes exposées agissent telles que des barrières entre le risque et les travailleurs. Elles n’empêchent pas la survenue de l’accident, mais empêchent ou limitent le contact avec les personnes ou en atténuent les conséquences. Il s’agit de moyens de protection, et non de prévention.

Les interventions entre la source du danger et les personnes exposées sont regroupées en deux catégories :

  1. Les protecteurs collectifs interposent une protection entre la source du danger et les travailleurs; par exemple, l’installation d’un garde protecteur sur une scie à béton, l’utilisation d’une cage de sécurité pour le gonflement des pneus ou l’installation d’un bras de captation sur les systèmes d’évacuation des gaz d’échappement des véhicules, etc.
  2. Les protecteurs individuels se différencient des précédents du fait que la protection est placée directement sur les personnes exposées comme c’est le cas pour les ÉPI (casque, lunettes, gants, chaussures de sécurité, etc.). Pour de plus amples informations sur le sujet, nous vous suggérons de consulter notre thème Moyens et équipements de protection. Vous y trouverez aussi des exemples de programmes de gestion et de port des ÉPI développés par des villes et des municipalités.

Bien que les interventions entre la source du risque et les personnes exposées soient souvent simples à utiliser, peu coûteuses à court terme et rapidement applicables, elles sont moins efficaces que les interventions à la source et offrent une protection limitée. Elles sont aussi soumises à la mémoire et au bon vouloir des travailleurs et ont une durée de vie restreinte. Toutefois, les protecteurs collectifs sont habituellement plus efficaces que les ÉPI parce qu’ils sont moins liés au comportement des individus.

Les interventions sur les personnes exposées

Ce type d’intervention vise la sensibilisation des travailleurs et plus particulièrement le développement de comportements sécuritaires chez les personnes exposées. Il s’agit d’interventions telles que l’information, la formation, les incitatifs, les règles de sécurité, les méthodes sécuritaires de travail, etc. Ces moyens n’ont pas tous la même efficacité. Certains, comme la formation et l’élaboration de méthodes sécuritaires de travail, donnent de meilleurs résultats. Dans la catégorie « information», les réunions d’équipe sont très intéressantes; elles permettent d’établir le dialogue entre les travailleurs et les superviseurs. Les discussions peuvent toucher autant la santé et la sécurité que les opérations ou la qualité des services. Cette façon de faire peut très bien compléter d’autres types d’intervention en rappelant, par exemple, certains éléments présentés dans le cadre d’une session de formation qui ne sont pas complètement intégrés dans les processus de travail régulier.

Bien que les interventions auprès des personnes exposées soient parfois nécessaires, comme ce peut être le cas lorsque l’élimination du risque est plus ou moins possible ou encore, pour compléter un autre mode d’intervention, leurs limites sont importantes. Primo, elles visent un changement dans les comportements des individus, ce qui n’est pas toujours facile, et secundo, leur efficacité varie d’un moyen à l’autre. De plus, elles exigent un suivi rigoureux et leurs impacts sont parfois temporaires.
 

Pour la majorité des risques identifiés, plusieurs solutions peuvent être appliquées. Elles relèvent de l’un ou l’autre de ces trois modes d’intervention. Plus la mesure intervient près de la source du risque, plus elle est efficace. Cependant, la solution parfaite n’est pas toujours disponible ou applicable. Il arrive même que la solution varie dans le temps, comme lors de l’application du port d’un protecteur auditif en attendant le remplacement d’une machine trop bruyante. Dans les faits, le choix d’une solution bien adaptée à la réalité de l’organisation demeure un gage de succès en matière de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Pour ce faire, la concertation des travailleurs et des gestionnaires permettant la mise en commun des connaissances et de l’expérience des personnes directement concernées est une condition sine qua non au succès de la démarche. De plus, les solutions mises en place par d’autres municipalités peuvent nous inspirer.

Le choix d’une solution sera influencé par des critères tels que l’efficacité, la stabilité, le coût, la faisabilité, etc. Ces critères sont abordés de façon plus approfondie dans la fiche technique suivante :

Plusieurs de nos fiches techniques et thèmes regorgent d'exemples de moyens d'élimination et de contrôle des risques. La section Innovations en SST fournit aussi de bonnes idées. Nous vous invitons donc à les consulter. Pour d'autres exemples touchant le milieu municipal et d'autres secteurs d'activités, le site des Grands prix santé et sécurité du travail de la CNESST vaut le détour!

Autre document d'intérêt :

Éliminer à la source les risques d'accident : comment conjuguer productivité avec santé et sécurité du travail
Conférence de notre conseillère Élaine Guénette présentée dans le cadre du GRV le 2 novembre 2016 à Montréal. Cette présentation aborde l'élimination à la source des risques d'accident ou, lorsque cela n'est pas possible, comment une organisation peut intervenir en conjuguant la productivité et la santé - sécurité.

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