Stress post-traumatique : Je suis un proche

Dans la section Généralités, nous avons défini ce qu’est un événement à potentiel traumatique, normalisé les diverses réactions post-traumatiques possibles, précisé la différence entre le trouble de stress post-traumatique et le trouble de stress aigu et abordé les conséquences de ces réactions au travail et dans la vie personnelle.

Dans cette partie, si vous êtes un proche (conjoint ou conjointe, membre de la famille, ami) d’un pompier et que vous voulez en savoir davantage, nous vous présentons des informations complémentaires. À noter qu’en raison d’une moins grande présence en caserne pour les pompiers à temps partiel ou volontaires, les proches seront des personnes privilégiées pour dépister qu’un des leurs a besoin d’aide.

1. Comment l’aider?
2. Est-ce normal que je sois affecté par ses réactions post-traumatiques?
3. Quelles sont les ressources qui peuvent m’aider?

1. Comment l’aider?

Un événement traumatique bouleverse la vie de celui qui en souffre, mais affecte aussi les autres sphères de la vie, comme les relations conjugales, familiales ou sociales. Si vous êtes un proche, vous êtes peut-être vous aussi bouleversé par ce que cette personne traverse en ce moment. Parfois, les proches se sentent impuissants, car ils ne savent pas comment aider ou quoi dire pour que l’autre aille mieux. Voici quelques comportements qui sont habituellement aidants et que vous pourrez mettre en place si ce n’est pas déjà fait.

  • Lui faire savoir que vous êtes disponible pour l’écouter s’il a besoin d’en parler.
  • Accepter que, pendant un certain temps, votre vie conjugale, familiale ou sociale puisse être chamboulée.
  • Lui manifester votre affection et votre compassion pour ce qu’il vit.
  • Lui permettre d’exprimer ses émotions, si c’est son souhait. Ne le forcez pas à parler.
  • Se donner le droit à l’occasion de se sentir impuissant et frustré en tant que proche.
  • Vous permettre de parler d’autre chose.
  • Lui offrir de se changer les idées en proposant une activité agréable ou relaxante.
  • Renforcer ses progrès.
  • L’encourager à chercher de l’aide professionnelle, au besoin.

Malgré votre bonne intention, il peut arriver que certains comportements n’aident pas les gens qui ont des réactions post-traumatiques. Prenez le temps de lire ceux présentés ci-dessous. Si vous repérez un comportement que vous avez, ce sera l’occasion de réviser vos habitudes.

  • Le blâmer pour ce qui est arrivé ou parce qu’il exerce un métier à risque.
  • Lui donner de nombreux conseils qu’il n’a pas sollicités.
  • L’inciter à éviter, fuir des situations ou à vouloir « tourner la page ».
  • Invalider ses sentiments : « tu ne devrais pas être triste, tu es en vie! »; « tu ne devrais pas être en colère, cela ne t’aide pas ».
  • Critiquer en disant : « on dirait que tu ne fais rien pour t’aider »; « ton trauma bouleverse toute notre vie ».
  • Insister pour qu’il vous raconte son événement traumatique en détail.
  • Juger ses réactions ou ses actions pendant l’événement ou après.

Demandez à la personne touchée ce dont elle a besoin, c’est la meilleure personne pour vous dire ce qui lui fait du bien. Et surtout, n’oubliez pas de prendre soin de vous. Vous avez le droit de demander de l’aide.

La vidéo Le stress post-traumatique, ça concerne aussi les proches peut vous aider à mieux comprendre l’impact d’un événement traumatique sur la vie familiale.

2. Est-ce normal que je sois affecté par ses réactions post-traumatiques?

Il serait normal que vous soyez affecté par les réactions post-traumatiques d’un membre de votre famille ou d’un ami. Peut-être êtes-vous témoin de sa souffrance et cela vous bouleverse.

En tant que proche, il peut vous arriver :

  • D’être affecté par sa détresse.
  • De vouloir donner plusieurs conseils pour vous sentir utile.
  • De ne pas comprendre tout ce qui se passe chez lui.
  • De vouloir en savoir plus alors qu’il demeure silencieux.
  • De vous sentir frustré face à ses réactions.
  • De vous sentir délaissé.
  • D’être révolté par la situation.

Si c’est votre cas, n’hésitez pas à aller chercher vous aussi de l’aide pour parler de ce que vous vivez.

3. Quelles sont les ressources qui peuvent m’aider?

Si vous êtes vous-même affecté par la situation

En tant que conjoint ou conjointe, vérifiez si vous avez accès au programme d’aide aux employés (PAE) de la personne touchée. Certains PAE offrent, pour les proches, un nombre déterminé de séances de psychothérapie annuelles, sans frais.

De plus, dans le cadre de votre travail, vous avez peut-être vous-mêmes accès à un PAE. Vous pouvez également vérifier la couverture de votre assurance personnelle ou collective afin d’obtenir le remboursement d’une partie des frais pour consulter le professionnel de votre choix.

Si vous souhaitez consulter un psychologue ou un psychothérapeute, vous pouvez contacter l’Ordre des psychologues du Québec en appelant au 514 738-1223 ou en visitant leur site Web dans lequel vous trouverez un outil de recherche en ligne.

Si vous souhaitez obtenir des conseils pour aider la personne touchée

En ce qui concerne la prévention du suicide, la Ligne québécoise de prévention du suicide (ligne d’écoute gratuite et confidentielle) est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 : 1 866 APPELLE ou 1 866 277-3553. Le site de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) propose aussi des pistes pour vous aider si vous êtes inquiet pour un proche ainsi que des ressources : Commentparlerdusuicide.com.

La ligne Info-Social 811 est un service de consultation téléphonique gratuit et confidentiel qui permet de joindre rapidement un professionnel en intervention psychosociale. Ce service est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le 811 est le numéro de téléphone à composer pour joindre ce service.

La Vigile est une maison de thérapie, entre autres, pour les intervenants en situation d'urgence et leurs proches. La Vigile offre des services professionnels pour aborder diverses problématiques (ex. : stress post-traumatique, dépendance, dépression, colère, anxiété). Parmi les services, on retrouve une ligne d’écoute, de la thérapie individuelle et de groupe ou un accompagnement et du soutien pour la famille.