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COVID-19 : Premiers secours et premiers soins

Mise à jour : 12 juin 2020

Ces recommandations ne s’adressent pas aux professionnels de la santé formés en soins préhospitaliers (dont les techniciens ambulanciers paramédicaux), ni aux premiers répondants, tels que définis dans la Loi sur les services préhospitaliers d’urgence. Ces derniers doivent se référer aux mesures de la Direction médicale nationale des services préhospitaliers d’urgence du Bulletin clinique COVID-19 : Chaine de survie, publié le 27 mai 2020.

Secouristes en milieu de travail, premiers intervenants et sauveteurs

Administration des premiers secours

Consulter les Questions et réponses – COVID-19 de la CNESST : « Le secouriste doit suivre les mêmes mesures de prévention qu’enseignées dans le Manuel de Secourisme en milieu de travail, pages 39-40, pour les risques biologiques dont, entre autres, le port du masque de procédure, de la protection oculaire, des gants ainsi que le lavage des mains (avant et après) et la désinfection du matériel et des surfaces afin de pouvoir intervenir auprès d’une personne présentant des symptômes. »

Consulter aussi COVID-19 : Premiers secours et premiers soins en milieu de travail (INSPQ et Groupe de travail Santé SAT-COVID-19).

Réanimation cardiorespiratoire (RCR) sur une personne qui n’est pas victime de noyade

Pour pouvoir intervenir, le secouriste doit porter les équipements de protection individuels (protection oculaire, masque et gants). Le port de la jaquette (tout type de survêtements pour protéger les vêtements de travail usuels) est recommandé, mais non obligatoire pour effectuer les manœuvres de RCR. Le lavage des mains après les manœuvres de RCR, de même qu’avant et après le retrait des habits de travail, demeure une modalité de premier plan. En cas d’éclaboussures, il est recommandé que l’employé puisse changer ses vêtements avant de reprendre ses tâches usuelles.

Le secouriste doit appeler le 9-1-1, demander un défibrillateur externe automatisé (DEA).

Interventions :

  • Couvrir le visage du patient (tissu, vêtement ou masque si disponible).
  • Procéder au massage en continu (adulte) en utilisant la technique des compressions thoraciques seules jusqu'à l'arrivée de l’équipement approprié (s'il n'est pas disponible immédiatement) ou jusqu’à l’arrivée des services préhospitaliers d’urgence.
  • Procéder à la défibrillation.
  • Chez l’enfant, la RCR avec ventilation doit être effectuée : pour les intervenants n’ayant pas l’équipement nécessaire à la ventilation avec précautions MRSI (maladie respiratoire sévère infectieuse), l’utilisation du masque de poche avec l’ajout d’un filtre HEPA est une alternative acceptable en arrêt cardiorespiratoire pédiatrie.

Consulter aussi le Bulletin clinique COVID-19 : Chaine de survie  (Direction médicale nationale des soins préhospitaliers d’urgence).

Réanimation cardiorespiratoire (RCR) sur une victime de noyade

Le secouriste doit porter les équipements de protection individuels (protection oculaire, masque et gants), ou au plus tard, immédiatement après avoir sorti la victime de l'eau. Le port de la jaquette (tout type de survêtements pour protéger les vêtements de travail usuels) est recommandé, mais non obligatoire pour effectuer les manœuvres de RCR. Le lavage des mains après les manœuvres de RCR, de même qu’avant et après le retrait des habits de travail demeure une modalité de premier plan. En cas d’éclaboussure, il est recommandé que l’employé puisse changer ses vêtements avant de reprendre ses tâches usuelles.

« La cause d’un arrêt cardiorespiratoire chez une victime de noyade est principalement l’asphyxie. La ventilation est un élément essentiel à la survie. La DMN appuie donc les recommandations de la Société de sauvetage canadienne […] ces mesures de protection minimisent grandement le risque de transmission. De plus, la probabilité qu’une victime de noyade soit porteuse de la COVID-19 est faible. » Bulletin clinique COVID-19 : Chaine de survie (Direction médicale nationale des soins préhospitaliers d’urgence).

« Afin de minimiser l'exposition du sauveteur, l’utilisation des techniques de ventilation suivantes doit se faire par ordre de préférence :

  1. Un ballon-masque* (BM) muni d’un filtre viral : nécessite une équipe de deux sauveteurs dont un qui assure une étanchéité complète pendant les ventilations et les compressions.
  2. En l'absence de ballon-masque ou si la formation est insuffisante, les sauveteurs peuvent envisager d’administrer des ventilations bouche-à-masque avec filtre viral; nécessitant une équipe de deux sauveteurs dont un qui assure une étanchéité complète pendant les ventilations et les compressions.
  3. Si un seul sauveteur intervient, un masque de poche muni d’un filtre viral et d’une courroie serre-tête peut être placé sur le visage de la victime pour créer une étanchéité.
  4. Si des membres de la famille ou des proches sont à proximité de la victime et formés pour intervenir, il est raisonnable de voir s'ils seraient disposés à assurer la ventilation, étant donné qu’il est fort probable qu'ils soient eux-mêmes déjà infectés. » Bulletin d’information : recommandations sur les premiers secours et la réanimation dans un contexte de COVID-19 (Société de sauvetage Canada).

* Les secouristes ou sauveteurs doivent avoir une formation en oxygénothérapie pour travailler avec le ballon-masque.

Masque de poche avec un filtre HEPA ou filtre viral

Les discussions avec Dr Geoffroy Denis, chef médical, programme des services de santé au travail, Direction régionale de santé publique de Montréal (représentant le groupe conseil provincial RSPSAT-INSPQ) et Charles Labrecque et Marie-Josée Caron, Direction générale de la gouvernance et du conseil stratégique en prévention, CNESST, ont permis de faire les constats suivants.

Dans leur Bulletin clinique COVID-19 : chaine de survie, la Direction médicale nationale des soins préhospitaliers d’urgence et la Société de sauvetage Canada recommandent que la ventilation en cas de noyade et chez les enfants soit effectuée avec un « masque de poche avec valve anti-retour qui doit être muni d’un filtre avec une efficacité HEPA. » La Direction médicale nationale des soins préhospitaliers d’urgence a accepté qu’un filtre viral puisse être utilisé.

  • Filtre HEPA : il s'agit de tout dispositif capable de filtrer, en un passage, au moins 99,97 % des particules de diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm.
  • Filtre viral : il s'agit de tout dispositif capable de filtrer, en un passage, au moins 99,9 % des particules de diamètre supérieur ou égal à 3 µm ± 0.3 µm. Les critères des normes ASTM F2100-19 Standard specification for performance of materials used in medical face masks et EN 14683:2019 Medical face masks – requirements and test methods sont quelques fois cités. Par exemple, Nelson Lab est un laboratoire qui fait des tests et donne certaines informations sur son site (Bacterial & viral filtration efficiency).
  • Valve anti-retour : elle permet d’éviter le contact avec des liquides potentiellement infectieux (salive, sang, vomi, etc.). Le filtre et la valve sont généralement deux pièces séparées, qui sont souvent à usage unique et qui doivent être remplacées après usage.

Il est parfois difficile d’avoir toutes les informations de la part des fabricants sur la spécification du filtre HEPA ou viral. Il faut donc demander aux fournisseurs les informations concernant les tests effectués relatifs à l’efficacité de filtration virale et tenter de s’approcher le plus possible de la capacité de filtration de 99,97 % des particules de diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm. Les délais d’approvisionnement et de livraison sont aussi un enjeu.

Il faut s’assurer de vérifier que le filtre puisse se mettre sur le modèle de masque de poche acheté ou possédé.

En contexte de pandémie de COVID-19, d’autres enjeux sont présents lorsque la RCR avec ventilation est effectuée, notamment la difficulté d’assurer une étanchéité entre la peau et le masque et entre le joint du filtre et le masque de poche. Si des manœuvres de RCR avec ventilation sont effectuées, le groupe de travail RPSAT-INSPQ recommanderait probablement l'autosurveillance des symptômes durant 14 jours, sans retrait du travail.

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