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Des choix éclairés pour les véhicules de travaux publics

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Les véhicules des travaux publics sont une priorité pour le groupe de liaison des cols bleus. Au printemps 2010, l’APSAM avait rencontré les villes de Québec et de Sorel­Tracy afin de discuter de comment ils sont arrivés à prévenir des accidents en gérant leurs équipements motorisés (voir l’article aux pages 3 à 5 du vol. 19 no 1). Plusieurs villes ont compris qu’il était avantageux de prendre exemple sur d’autres afin d’améliorer leur gestion et leurs méthodes de travail dans le but de réduire les risques d’accidents et de maladies professionnelles.

Pour continuer de favoriser les échanges inter-municipaux et d’informer le secteur des « bons coups », l’APSAM a rencontré deux autres villes qui se sont dotées d’une démarche d’acquisition de véhicules de travaux publics leur permettant d’effectuer des achats qui répondent aux besoins de la gestion et de tous les membres des équipes de travail. Puisqu’une telle démarche est un processus complexe qui doit tenir compte des particularités de chaque ville, il est important de l’adapter. C’est ce que les villes de Granby et Blainville ont fait. Leurs démarches d’achat peuvent être considérées comme des exemples à suivre en matière de santé et de sécurité du travail où tous et chacun ne peuvent qu’en retirer des avantages.

Pour en apprendre plus sur leur façon de faire, l’APSAM a rendu visite à Daniel Deshaies, contremaître de la division mécanique et Sylvain Flibotte, surintendant voirie, égouts et aqueduc, de la ville de Granby.

À la ville de Blainville, l’APSAM a aussi rencontré Jocelyn Tremblay, directeur, Yvon Couillard, directeur adjoint du service des Travaux publics et de l’approvisionnement, ainsi que René Aubertin, vice-président du syndicat des cols bleus de Blainville, SCFP, section locale 2301.

I2011-009; I2011-010 
Dans l’ordre habituel :
René Aubertin, vice-président du syndicat des cols bleus; Jocelyn Tremblay, directeur adjoint et Yvon Couillard, directeur adjoint du service des travaux publics et de l’approvisionnement, tous à la Ville de Blainville

La démarche d’acquisition des véhicules

C’est depuis 2005 que la ville de Granby a modifié sa façon d’effectuer ses achats d’équipements motorisés et cela fait environ 3 ans à la ville de Blainville. Après de nombreux commentaires les informant que la machinerie n’était pas adaptée aux besoins des travailleurs et du travail à accomplir, ces deux villes ont décidé de passer à l’action. Compte tenu de la durée de vie d’un véhicule de travaux publics, des contraintes budgétaires, des politiques d’achat, des opérations saisonnières, de la charge de travail de plus en plus importante et des besoins spécifiques des opérateurs, des mécaniciens et des contremaîtres, il est d’autant plus important de faire des choix éclairés. Pour y arriver, un travail d’équipe et de collaboration est essentiel.

Dans les villes de Granby et de Blainville, M. Deshaies et M. Couillard ont tous deux établi une démarche d’achat en entonnoir. Le remplacement de leurs véhicules est prévu plusieurs années à l’avance, les besoins des personnes concernées, gestionnaires et travailleurs, sont pris en considération. Suite à cette analyse des besoins, liés naturellement aux travaux à effectuer, ils établissent une liste de plusieurs équipements qui pourraient remplacer la machine désuète. Ils impliquent les travailleurs dans le processus d’achat, puisque ce sont les mieux placés pour cibler de façon précise leurs besoins. Entre autres, la facilité de réparation, pour les mécaniciens, et l’ergonomie des habitacles, pour les opérateurs, sont des éléments intégrés aux devis. Lors de tout achat, une période d’essai et de démonstration est prévue pour s’assurer que l’équipement réponde bien aux besoins de tous. Suite à ces étapes, il ne reste que quelques équipements répondant à leurs critères, M. Deshaies et M. Couillard préparent alors l’appel d’offres.

Il est à noter que dans le processus d’achat, les véhicules de Granby et de Blainville doivent être standardisés dans la mesure du possible. Le but est de réduire les risques d’accidents et d’erreurs lors d’opérations. Par exemple, l’aménagement de l’habitacle et le positionnement des manettes, notamment pour les systèmes d’épandage, sont similaires d’un véhicule à un autre. De plus, cette façon de faire réduit l’inventaire de pièces en entrepôt, facilite le travail des mécaniciens et contribue de ce fait, au bon état des véhicules.

Bien entendu, la formation et le compagnonnage font partie de la démarche d’achat et ce, autant à Granby qu’à Blainville. M. Deshaies explique que la formation de l’ensemble des travailleurs se fait à l’interne par un mécanicien désigné qui a préalablement suivi une formation offerte par le fournisseur de l’équipement. Une session de formation et d’essai adaptée au milieu de travail est prévue afin de s’assurer que les travailleurs et contremaîtres comprennent bien le fonctionnement de toute nouvelle machinerie. À Blainville toutefois, des blocs de formation offerts par le fournisseur sont prévus dans le devis. La formation fait donc partie intégrante du coût d’acquisition de l’équipement. Ces blocs de formation sont prévus pour les opérateurs et pour les mécaniciens afin de s’assurer que tous les employés connaissent le fonctionnement de la machine et les travaux de maintenance et d’entretien préventif à réaliser.

Et les avantages, dans tout cela?

M. Deshaies, de Granby, souligne qu’il est très valorisant pour les employés d’être intégrés dans les démarches d’achats. Des équipements adaptés aux besoins des travailleurs éliminent plusieurs problèmes tels que des troubles musculosquelettiques (maux de dos ou au cou) et les coups de chaleur. Les demandes d’indemnisation à la CSST sont aussi moins nombreuses. De plus, le fait de s’assurer que tous les équipements répondent réellement aux besoins des travailleurs entraîne une augmentation de la productivité, améliore le climat de travail, facilite l’adaptation aux nouveaux équipements et réduit la résistance au changement. Lorsque la machinerie est adaptée, les travailleurs sont plus heureux et motivés. M. Deshaies a même remarqué qu’il y a moins d’absentéisme : les opérateurs préfèrent être les seuls à travailler avec leur véhicule afin de s’assurer qu’il demeure en parfait état, en tout temps.

M. Tremblay, de Blainville, remarque lui aussi une augmentation de la motivation des travailleurs et de la productivité. Ces derniers sont satisfaits des choix d’équipements et il y a moins d’accidents de travail puisque l’ergonomie est prise en compte lors de l’établissement des besoins. Par contre, il considère qu’il est difficile d’évaluer toutes les retombées positives, puisque cette démarche d’acquisition n’est instaurée que depuis trois ans. Toutefois, il est confiant et garde l’œil ouvert pour les années à venir.

Tant à Granby qu’à Blainville, on s’entend pour dire que l’achat de machinerie modifiable selon les besoins saisonniers spécifiques afin qu’elle accomplisse plusieurs travaux différents, est avantageux. Bien que cette option puisse sembler souvent plus dispendieuse lors de l’acquisition, elle l’est moins, en réalité, puisqu’on optimise les achats en utilisant les équipements 12 mois par année. Cela est facilement démontrable selon eux.

M. Deshaies explique qu’à la Ville de Granby, cette démarche structurée, favorisant l’implication de tous, permet de bien déterminer, expliquer et justifier les besoins du service des travaux publics aux élus du Conseil municipal.

Une collaboration avantageuse

Les villes de Granby et de Blainville ont compris les avantages que peut apporter une collaboration avec les autres villes. Pourquoi recommencer à zéro alors qu’on peut partager nos connaissances et travailler sans cesse à l’amélioration des techniques de travail?

M. Deshaies, de Granby, explique que l’entraide et l’échange d’information entre les villes sont à l’avantage de tous. Par exemple, lorsqu’ils travaillent à bien préparer un devis pour l’acquisition d’un véhicule, ils sont très ouverts à transmettre l’information à d’autres villes. Ainsi, chacune peut profiter de l’expertise des autres afin de reproduire leurs bons coups. Par exemple, certaines villes permettent à d’autres de visiter leur garage municipal afin d’observer et d’essayer les véhicules, et ce, dans le but de confirmer ou d’infirmer un choix d’équipement. Puisque chaque municipalité a sa propre réalité, il lui suffit d’adapter les méthodes de travail à son contexte particulier pour obtenir une recette gagnante.

À Blainville, cette collaboration se fait différemment. Une entente inter-municipale intéressante avec Rosemère, Sainte-Thérèse et Boisbriand a été créée. Lorsque l’une de ces villes fait face à une situation où elle n’a pas l’équipement et les effectifs nécessaires, elle a la possibilité, selon certaines modalités, d’emprunter le matériel et de faire appel à la main-d’œuvre spécialisée de ces villes voisines. Ces travailleurs connaissent bien les infrastructures municipales, ils sont équipés et formés pour effectuer le travail de façon sécuritaire et efficace.

À l’affût du changement

Face à toute situation, M. Deshaies et M. Tremblay considèrent qu’il faut constamment se remettre en question. Que ce soit en participant à des colloques ou en refaisant l’inventaire des besoins présents et futurs de la ville, cette façon de penser permet de toujours être ouvert aux améliorations dans le but de travailler toujours plus efficacement et de façon sécuritaire.

I2011-007; I2011-008 
Dans l’ordre habituel :
Sylvain Flibotte, surintendant voirie, égouts et aqueduc; Jean Hébert, mécanicien et Daniel Deshaies, contremaître de la division mécanique, tous à la Ville de Granby.

En conclusion

L’implication des employés dans le processus d’achat des équipements, l’échange et la collaboration entre les villes, ainsi que la formation sont des moyens qui permettent de réduire les accidents du travail et les coûts. En plus d’être avantageuse du point de vue budgétaire, cette façon de faire favorise le bien­être de tous. L’APSAM encourage les organismes municipaux du Québec à collaborer entre eux et à échanger conseils et connaissances afin d’améliorer leurs méthodes de travail.

Si vous croyez être un exemple à suivre grâce à une démarche de travail structurée et bien instaurée, n’hésitez pas à entrer en contact avec l’APSAM pour nous en informer afin que nous en fassions la promotion!

Si vous voulez avoir plus d’information sur les démarches d’acquisition de véhicules des villes de Granby et de Blainville, vous pouvez les contacter :

Granby :
Daniel Deshaies, Contremaître
Division mécanique / Travaux publics
ddeshaies@ville.granby.qc.ca
450 776-8366

Blainville :
Jocelyn Tremblay,
Directeur du service des travaux publics et de l'approvisionnement
jocelyn.tremblay@ville.blainville.qc.ca
450 434-5206 poste 5460