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L’APSAM, spécialiste de la SST en matière de transport et de traitement des eaux

Par Luc Dupont

Les bouches d’égout sur les trottoirs ou sur la chaussée où, d’aventure, par curiosité, on se hasarde à jeter un coup d’œil furtif au passage, sont classées dans la catégorie des espaces clos où, chaque année, périssent ou se blessent de nombreux travailleurs. Un organisme spécialisé en santé et sécurité (SST) dans ce domaine vient d’être récompensé.


©2009, Pierre Roussel

L’Association sectorielle paritaire – Affaires municipales (APSAM) est le récipiendaire 2009 de la Distinction George W. Burke – WEF de Réseau environnement. La récompense a été remise en mars dernier à son directeur, Alain Langlois, lors du Gala de l’environnement présenté à Montréal dans le cadre du Salon international des technologies environnementales, Americana.

La Distinction George W. Burke­WEF est décernée tous les trois ans à un organisme public ou privé, membre de Réseau environnement, pour sa contribution soutenue en matière de santé et de sécurité dans le domaine du traitement des eaux usées.

« En nous décernant ce prix, Réseau environnement vient souligner, entre autres, des années d’efforts constants déployés par l’APSAM pour résoudre les tenants et aboutissants d’un thème – les espaces clos, réputés très complexes à gérer sur le plan de la sécurité », explique la conseillère technique Élaine Guénette. Par définition, un espace clos est un endroit où on ne peut pénétrer que de façon restreinte, qui manque généralement de ventilation et peut présenter une atmosphère dangereuse; c’est aussi un lieu qui n’est pas fait pour être occupé par une personne autrement que pour l’exécution d’une tâche.

« En ce qui nous concerne, il s’agit du dédale d’espaces clos se trouvant dans l’architecture des usines de traitement des eaux, mais aussi des réseaux d’égout et des stations de pompage municipales, sans oublier les sites d’enfouissement où effectivement existe toute une série d’infrastructures nécessaires pour recueillir et traiter le lixiviat », explique Élaine Guénette. Tous ces endroits sont aussi caractérisés, entre autres, par des dangers de chutes; ils présentent enfin des risques qu’on y contracte le syndrome des égoutiers, une forme de contamination microbienne, de même que l’hépatite A.

À l’APSAM, Élaine Guénette est l’une des personnes clés en la matière, non seulement parce qu’elle est une spécialiste des espaces clos – dont le volet névralgique du sauvetage technique1 – mais aussi et surtout parce qu’elle est l’une des principales conceptrices des formations dans ce domaine, destinées aux travailleurs de l’ensemble des municipalités du Québec.

« Dans l’architecture et l’ingénierie des ouvrages d’assainissement, on conçoit toujours petit; et comme les équipements de sécurité ne sont pas subventionnés dans le cadre du programme d’assainissement des eaux, ceux­ci sont, dans la majorité des cas, malheureusement exclus des plans et devis », dit­elle. Mais étant donné leurs fins, ne sont­ce pas là les nécessaires caractéristiques de tels lieux ? Elle n’en est pas du tout convaincue : « Si on ne se limitait pas à percevoir la SST comme un extra ou une dépense supplémentaire, on pourrait arriver à améliorer significativement la santé et la sécurité des travailleurs en intégrant dès la conception des lieux les équipements minimaux nécessaires à la prévention à la source, à des coûts moindres que ceux engendrés par ces correctifs, poursuit­elle. Faire du bon travail dès la conception, c’est prévoir, par exemple, la protection des machines, le cadenassage des sources d’énergie, les socles aptes à recevoir une potence pour la protection contre les chutes et le sauvetage en espace clos, car le simple trépied ne peut suffire. »

Elle poursuit : « Tout ça peut se faire en collégialité entre la municipalité et la firme d’ingénieur conseil avec les recomman­dations, sous forme d’assistance technique, de l’APSAM. » Le site Web de l’APSAM offre aussi une mine de renseignements précieux sur les guides, fiches techniques, bulletins, liens Internet vers d’autres documents, etc. « Ce qui est fort intéressant, dit la conseillère, c’est que l’APSAM est à l’écoute des différentes réalités régionales. Les conseillers de l’APSAM travaillent avec les villes d’une même région qu’ils ont regroupées pour l’occasion afin d’échanger leurs vues sur des problèmes communs et partager les solutions et le savoir­faire acquis.»2

Cette distinction de Réseau environnement a été créée en 1982, en l’honneur de l’un des plus fervents promoteurs nord­américains des programmes de sécurité au travail dans le domaine du traitement des eaux usées : George W. Burke.

Cet article est tiré de la revue Prévention au travail et paraîtra dans son Édition été 2009


1 Non seulement de nombreux travailleurs sont­ils tués ou blessés chaque année dans des espaces clos, mais on estime également que 60 % des décès concernent des personnes tierces ayant tenté un sauvetage!

2 Ces formations sont : Cadenassage, Espaces clos, Les responsabilités légales des services de sécurité incendie, Manutention manuelle, Prévention des agressions physiques, Signalisation des travaux routiers, SIMDUT, Technique d’enquête et d’analyse d’accidents, Traitements de l’eau potable et des eaux usées, Travaux de creusement, d’excavation et de tranchée, Travaux de déneigement, Travaux publics et construction, Vers un comité de santé et de sécurité efficace.

 

 

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