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Entretien des habits de combat : une belle initiative de la Ville de Cowansville

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Le 7 mars dernier, Pascal Gagnon, conseiller en prévention à l’APSAM, a donné une conférence concernant la prévention des maladies professionnelles chez les pompiers dans le cadre d’un séminaire d’information organisé par monsieur Michel Ouellette, capitaine à la prévention du service de sécurité incendie de la Ville de Cowansville.

Depuis avril 2016, la CNESST a modifié sa politique d’admissibilité de la lésion professionnelle et reconnait maintenant 7 types de cancers liés au métier de pompier. En décembre dernier, elle a publié un nouveau document intitulé Guide des bonnes pratiques : l'entretien des vêtements de protection pour la lutte contre les incendies. Ayant participé à l’élaboration de ce guide, Pascal Gagnon a profité de l’occasion pour démystifier les cancers chez les pompiers et les moyens de s’en prémunir aux 116 personnes présentes provenant de 41 services incendie ou organismes publics.

Une initiative à reproduire

Dès son arrivée sur les lieux, l’APSAM a pu constater que les organisateurs n’avaient rien laissé au hasard! En effet, plusieurs véhicules incendies étaient positionnés pour diriger les participants au lieu de rencontre et des représentants de la municipalité remettaient la documentation pertinente. De plus, des casques placés à l’avant de la scène démontraient la solidarité de plusieurs municipalités envers leurs collègues atteints de cancers professionnels et leur implication à la cause.

L’APSAM s’est entretenue avec M. Ouellette, afin de connaître les raisons l’ayant motivé à organiser cette soirée.

M. Ouellette, quand ce projet de conférence a commencé, que prévoyiez-vous organiser?

Au début, je planifiais demander à Pascal de s’entretenir du sujet avec nos pompiers dans le cadre d’une formation continue. Rapidement, je me suis rendu compte que le sujet concernait tous les pompiers et j’ai organisé l’activité dans une salle pouvant accueillir près de 800 personnes, donc avec la possibilité d’inviter nos confrères de la grande région de l’Estrie et de la Montérégie. Je me suis associé avec LAPIQ (Association des pompiers instructeurs du Québec) pour diffuser l’invitation.

Pour quelles raisons avez-vous décidé d’en faire profiter vos collègues en invitant les services de prévention des incendies des municipalités avoisinantes?

J’ai toujours été un ardent défenseur du partage de l’information, car nous sommes tous exposés aux mêmes problématiques et dangers. De plus, cela renforce les liens avec les autres services incendie, ce qui n’est pas à négliger lors des interventions communes. 

Selon vous, la prise en charge de votre milieu de travail est donc un incontournable?

Étant responsable de la santé et sécurité au travail dans mon service, et également pour l’ensemble des services municipaux de Cowansville, je prône la prévention et il est toujours payant d’être proactif. 

Croyez-vous qu’une telle conférence puisse faire changer les pratiques?

J’ai eu de très bons commentaires sur la réflexion que cela a suscitée. Plusieurs services étaient en train de mettre en place des mesures ou préparaient un plan d’action. La conférence a permis de valider les informations et d’éclaircir les actions à prendre.

À votre avis, que croyez-vous qu’il faille faire pour que les pompiers comprennent l’importance de changer leurs pratiques?

Le fait que nous avons des cas connus au Québec et qu’il y ait une confirmation médicale vient mettre du poids sur l’importance d’agir. Nos pompiers sont maintenant sensibles aux modifications des pratiques de travail, adaptées aux nouveaux dangers de nos incendies. Le travail n’est plus de convaincre, mais bien de trouver les meilleures pratiques. 

Avez-vous instauré de nouvelles actions concrètes à la Ville de Cowansville afin de sensibiliser les pompiers aux risques auxquels ils sont confrontés? Quelles sont-elles?

Nous sommes à finaliser la rédaction de nouvelles procédures. Par contre, on réalise que, spontanément, nos pompiers ont changé d’eux-mêmes leurs habitudes suite à un incendie. Le nettoyage corporel, le nettoyage des équipements et la protection personnelle sont déjà appliqués sans que l’on ait eu besoin d’instaurer une directive. Le port de l’APRIA et le non port de la barbe étaient déjà pour nous instaurés depuis des années. L’acceptation des faits est faite, reste à normaliser et à encadrer le tout.

En quoi avez-vous changé vos pratiques en ce qui concerne l’entretien des habits de combat?

Nous étions déjà sensibilisés à un entretien régulier des habits de combat pour éviter la contamination croisée. Nous allons seulement renforcer et améliorer nos pratiques et assurer un suivi plus étroit des gestionnaires.

L’APSAM félicite les organisateurs pour cette soirée! Nous tenons également à souligner d’autres initiatives semblables prises par de nombreuses organisations telles que la MRC de Charlevoix-Est, la MRC des Basques, l’entraide des Grandes-Seigneuries, la MRC des Appalaches, les directeurs de la MRC de Drummond, la régie intermunicipale des incendies de la région de Windsor, ainsi que l’Association des Pompiers de l’Est du Québec (APEQ).  

Finalement, nous invitons d'autres services de prévention des incendies à mettre en place de tels événements permettant le partage d’informations et de pratiques.

Pour obtenir plus d’informations sur le sujet, consultez la page Cancers chez les pompiers